Transat Québec Saint-Malo : Au bon vouloir du Saint-Laurent
© Richard Martens
L’immense et majestueux fleuve Saint Laurent est sans conteste le personnage central de ces premières heures de la Transat Québec Saint-Malo, 10ème du nom.
Quel départ !
Redoutée de tous, la phase de départ sous les plaines d’Abraham et devant Saint Romuald aura tenu ses promesses de spectacle et d’émotion pour les nombreux spectateurs massés au niveau du port de Québec. Alternant grand Spi ou gennaker, les Class40 se sont envolés derrière l’orage, aspirés par un flux de Nord-Ouest suffisamment puissant pour les aider à gérer au mieux la renverse de forts courants survenue juste avant l’île d’Orléans. Bref arrêt buffet pour toute la flotte, mis à profit pour affaler et renvoyer la toile du temps, et les leaders reprenaient leur route, toujours bâbord amure et au contact. Jules Bonnier et son « pointu » Nestenn - Entrepreneurs pour la planète rivalisaient alors avec Achille Nebout et l’équipage haut de gamme d’Amarris, Gildas Mahé et Alan Roberts, très inspirés pour placer leur plan Lombard dans les bonnes veines de courant. Si le contournement de l’île d’Orléans n’avait vu que le seul Vincent Riou (Pierreval - Fondation GoodPlanète) tenter le diable par le Nord de l’île, pour un gain très relatif, l’île aux coudres offrait en milieu de nuit à l’ensemble de la flotte l’occasion d’optionner. Et ce sont les Franco-Italiens d’Alla Grande-Pirelli qui tiraient le meilleur de leur route Sud pour damer provisoirement le pion à Amarris. Ce dernier livre depuis un combat de tous les instants pour ravir à Ambrogio Beccaria, Julien Villon et Bastian Oger le leadership des Class40.
Québec !
En approche de Tadoussac, le majestueux Saint Laurent s’étire, s’étale sur près de 30 km de largeur, et commence à prendre ces allures de bras de mer, qui auraient tiré des marins Normands du 17ème siècle cette interjection « Qué bec! », quelle baie ! Les phénomènes de renverse de courants continuent de jouer avec les nerfs des navigateurs, étirant et compressant les écarts au gré des arrêts buffets appelés pour certains, à l’image de Julia Virat (Femina Ocean Challenge), à se prolonger durant de longues heures. « Une première journée très compliquée avec beaucoup de petites casses très handicapantes. » expliquait Julia dans son message de la nuit. « On a failli s’échouer. Beaucoup de manoeuvres et pas de repos. On a jeté l’ancre pour laisser passer le courant. » Ayant repris sa route, cet équipage entièrement féminin ferme la marche à plus de 60 milles du leader.
La liste des inscrits : Transat Québec Saint-Malo - Class40
La cartographie : SoluSport (oceantracking.fr)
source: www.transatqsm.com