Il y a des caps qui marquent une vie de marin. Le Cap Horn est de ceux-là. Hier, sur la Globe 40 — tour du monde en équipage avec escales — un Class40 a débordé ce monument des mers du Sud, offrant un moment rare et fort en émotions.
L’équipage du Crédit Mutuel, mené par Ian Lipinski et Antoine Carpentier, a immortalisé ce passage mythique, franchi en tête de la course. Une image puissante, symbole d’engagement, de maîtrise et de détermination.
Après avoir laissé dans leur sillage le cap de Bonne-Espérance et le cap Leeuwin, les marins en terminent avec les redoutables mers du Sud. Ce passage du Horn marque une étape majeure du parcours : celle où l’on bascule vers l’Atlantique, riche d’une expérience que seuls les grands tours du monde peuvent offrir.
Au-delà de la performance sportive, ce moment confirme une nouvelle fois la formidable polyvalence des Class40. Robustes, marins et exigeants, ils démontrent qu’ils sont armés pour affronter toutes les mers du globe, des dépressions australes aux alizés atlantiques.
Le Horn est derrière eux. L’histoire continue.
Ian Lipinski : « Le cap Horn est juste devant nous. On avance dans des conditions plaisantes avec un peu de houle, mais la mer est lisse. Il y a un petit rayon de soleil qui rend notre premier passage assez idyllique. Je ne sais pas si nous sommes émus ; en tout cas, nous sommes très heureux, tout simplement. Très contents aussi de quitter l’océan Pacifique, un gros morceau qui nous faisait bien peur avant le départ de cette étape. Le passage du cap Horn, proprement dit, a été très cool, et c’est un soulagement : auparavant, les conditions ont été très musclées. On s’est fait de petites émotions il y a deux jours, dans la nuit. Partager cette première avec Antoine, c’est super chouette ! On vit ce moment à deux. On s’apprécie, on se fait confiance et elle ne nous a jamais fait défaut. Ce qui me touche peut-être le plus dans cette histoire de franchissement du cap Horn par un Class40 scow, c’est que je me sens lié depuis longtemps à cette forme de carène ; j’ai été le premier à naviguer avec un Mini à étrave arrondie, puis j’ai participé à ce que cette architecture soit intégrée à la Class40, avec le succès qu’on a connu. Et ce nouveau bateau est issu de toute cette aventure technologique, et il est en train de faire un tour du monde ! L’histoire de ces bateaux continue à s’écrire ! »