Class40, là où les rêves de course au large restent accessibles
Jean-Marie Liot -2026
Née pour réunir skippers professionnels et amateurs, la Class40 reste aujourd’hui fidèle à son ADN : une classe accessible où chacun peut construire son propre projet de course au large. Sur les 36 Class40 engagés sur la Drheam Cup, 8 projets étaient portés par des amateurs : entrepreneurs, salariés ou passionnés de voile, tous partageant la même ligne de départ que les meilleurs marins de la discipline.
Cette mixité fait la richesse de la classe, qui permet encore aujourd’hui de rêver grand : participer à quelques courses, s’engager sur une saison complète ou construire un projet ambitieux autour de la course au large. Derrière chaque bateau se cache une histoire unique, entre passion, défis professionnels et ambitions sportives.
Découvrez dans cette newsletter quatre skippers qui incarnent cette autre facette de la Class40.
« Les Class40, ce sont des bateaux extraordinaires capables de procurer des sensations uniques au large »
Derrière le Class40 n°103 se trouve un marin amateur passionné qui a construit son projet au fil des années, entre vie professionnelle et famille. Pour Olivier Gamot, la course au large est avant tout une histoire de passion, née dès l’enfance.
« J’ai grandi en regardant les reportages de Voiles et Voiliers, les bateaux qui faisaient le tour du monde. Les Mini 650 et la Route du Rhum m’ont également beaucoup fait rêver », raconte-t-il. Cette fascination devient rapidement concrète lorsqu’il se lance sur le circuit Mini.
Avec le temps, une envie grandit : celle de naviguer sur un bateau davantage adapté aux grandes navigations. « Ce qui me plaît vraiment, c’est naviguer au large, notamment dans des conditions engagées. Quand les courses étaient raccourcies ou décalées dès que les conditions devenaient plus difficiles, j’étais parfois frustré. Je me suis dit qu’il fallait évoluer vers un bateau plus grand, véritablement adapté à la navigation hauturière. »
La Class40 devient alors une évidence. Un choix qui doit toutefois s’intégrer dans une réalité bien différente de celle d’un skipper professionnel. Marié, père de trois enfants, salarié et installé en Île-de-France, Olivier construit un projet compatible avec son quotidien. Son bateau est ainsi basé au Havre, à Quillebeuf-sur-Seine / Tancarville, un emplacement stratégique qui lui permet de rester impliqué au maximum.
Comme beaucoup de projets amateurs en Class40, l’équilibre financier est également une donnée essentielle. Le projet est autofinancé et repose sur une gestion précise des dépenses. « Chacun trouve son équilibre en fonction de ses compétences, de son réseau et de ce qu’il est capable de réaliser lui-même. Faire certaines choses soi-même demande du temps, mais permet aussi de maîtriser les coûts. »
La découverte de la Class40 confirme ses attentes. « Les Class40 sont des bateaux extraordinaires. Ce sont de vrais bateaux marins, agréables dans toutes les conditions. Dans le vent fort, c’est un régal. On profite pleinement du spectacle de la haute mer avec un bateau rapide, puissant et fiable. Ce sont des sensations uniques. »
« La Class40 est aujourd’hui au meilleur équilibre entre performance, exigence et accessibilité »
Entrepreneur dans le numérique et navigateur passionné, Benoît Sineau a choisi la Class40 pour construire un projet sportif à la hauteur de ses ambitions. Avec un bateau mis à l’eau en 2025, le skipper du Class40 n°211 développe une campagne pensée sur plusieurs années, avec une conviction forte : cette classe représente aujourd’hui l’un des meilleurs compromis pour vivre pleinement la course au large.
Pour Benoît Sineau, le choix de la Class40 repose avant tout sur un équilibre unique. « On est sur des bateaux extrêmement performants, capables de naviguer très vite, mais qui restent encore dans une logique où un marin peut gérer son projet.» Une philosophie qui correspond à sa manière d’aborder la course au large : rechercher la performance sans basculer dans une escalade technologique inaccessible.
Comme de nombreux skippers amateurs engagés, la question financière reste centrale. Après un investissement important dans la construction du bateau, Benoît poursuit aujourd’hui son projet en autofinancement, avec l’ambition de trouver un partenaire pour franchir une nouvelle étape. « L’autofinancement permet de lancer un projet, mais il a forcément ses limites dans le temps. Une campagne Class40 représente rapidement entre 150 000 et 200 000 euros par an, même avec une gestion maîtrisée. »
Mais au-delà de la compétition, Benoît Sineau retrouve dans la Class40 un esprit collectif qui lui est cher. « Ce qui m’a marqué, c’est l’accessibilité des coureurs. Tout le monde se connaît, et quand quelqu’un rencontre un problème, il y a toujours quelqu’un pour chercher une solution. »
“La Class40 permet aux amateurs passionnés de courir aux côtés des meilleurs marins du monde”
Greg Leonard incarne parfaitement l’esprit de la Class40 : un projet sportif construit autour de la passion, de la transmission et du partage. Son aventure débute en 2018, lors de l’arrivée de la Route du Rhum en Guadeloupe, que son destin prend un nouveau tournant : « C’est là que nous avons rencontré Miranda Merron, qui nous a fait découvrir les nombreuses qualités des Class40. »
À la recherche d’un nouveau chapitre de vie, Greg décide alors de se lancer dans l’aventure avec son premier Class40, Kite, un Mach 40.3. Un projet imaginé dès le départ comme une aventure familiale : « L’idée était, et elle l’est toujours aujourd’hui, de courir avec mes deux enfants. »
Fin 2023, le projet franchit une nouvelle étape avec la construction d’un nouveau Mach 40.6, Swift. « Pouvoir vivre les villages de course, rencontrer les autres marins et partager ces moments a été une expérience extrêmement enrichissante. », confie-t-il.
Entièrement autofinancé, son programme repose sur un équilibre permanent entre ambition sportive, contraintes professionnelles et vie familiale. « Être amateur signifie faire des choix difficiles, aussi bien financièrement qu’en termes de temps. »
Économiste de profession, Greg partage aujourd’hui son quotidien entre les États-Unis et le Royaume-Uni, tout en poursuivant son engagement en Class40. Pour lui, la force de la série réside dans son accessibilité unique : « Quel autre sport permet à des amateurs passionnés de se mesurer directement aux meilleurs athlètes de leur discipline ? La voile est vraiment quelque chose de spécial. »
« La Class40 m’a permis de transformer un rêve en réalité »
Après plus de 40 ans de course au large en amateur, Richard Palmer a réalisé son projet le plus ambitieux : participer à un tour du monde en double à bord du Class40 Jangada 40 lors de la Globe40.
« J’ai toujours été attiré par l’idée de courir autour du monde, mais les options existantes semblaient hors de portée »,explique-t-il. Pour lui, la Globe40 représentait une opportunité unique : « une course réellement compétitive autour du monde, avec un mélange de marins professionnels et d’amateurs expérimentés ».
La construction du projet s’est faite avec une approche pragmatique. « Notre première grande décision a été de choisir le bon bateau », raconte-t-il.
Après neuf mois d’aventure autour du globe, Richard retient surtout l’esprit de la Class40 : « Amis au bar, concurrents sur l’eau ». Selon lui, « un bateau bien préparé et une équipe engagée peuvent offrir une expérience exceptionnelle, même sans viser forcément la victoire ».
« C’était exigeant, coûteux et épuisant, mais cela m’a apporté des amitiés, des expériences et des souvenirs qui dureront toute une vie. » Une aventure qui illustre parfaitement la capacité de la Class40 à rendre accessible le rêve pour de grands adultes.
Louis Bregeon - Traduction Daphné Schreder