Que sont-ils devenus ?
Transat Jacques Vabre 2011
Il y a une vie pour les Class40 après le circuit officiel. Conçus pour répondre aux exigences des grandes courses du calendrier international, une fois leur programme initial terminé, ils sont très souvent revendus, transformés ou réorientés vers de nouveaux projets. Et c’est précisément là que commence les histoires, plus discrètes, plus difficiles à suivre, mais souvent tout aussi riches.
Taille accessible, coût encore abordable à l’échelle de la course au large, robustesse éprouvée : le Class40 est devenu au fil des années un support qui traverse le temps. Certains restent sur des programmes de course structurés, d’autres basculent vers des navigations plus locales, des tours du monde, de la formation ou même des projets scientifiques. Mais tous continuent, d’une manière ou d’une autre, à naviguer.
Plusieurs bateaux illustrent aujourd’hui ces trajectoires multiples. Le Class40 n°52, ancien Swish puis Monday Night, passé notamment entre les mains de Damien Seguin et Yoann Richomme lors de la Transat Jacques Vabre 2011 (où ils terminent deuxièmes), poursuit aujourd’hui sa carrière au Japon sous le nom TREKKEE. Engagé sur le circuit offshore local, il continue de performer, avec notamment une victoire sur la Japan–Palau Race 2024 et un projet désormais tourné vers une participation à une future course autour du monde.
Le n°130, Mach 40 mis à l’eau en 2013, fait partie des unités les plus titrées de sa génération avec 15 victoires sur le circuit Class40. Passé entre les mains de skippers tels que Phil Sharp et Sébastien Rogues, il continue aujourd’hui son histoire sous la barre du jeune skipper slovène Matic Vrečko, engagé sur un programme mêlant course au large et solitaire, avec notamment le Global Solo Challenge et plusieurs régates méditerranéennes comme la Rolex Middle Sea Race.
Le n°55, Tyker 40 mis à l’eau en 2007 et ancien support de Giovanni Soldini, illustre une trajectoire encore différente. Après une carrière sportive en Class40, le bateau a été intégré à un projet d’exploration mené par James Ketchell, devenant le support d’un tour du monde inédit combinant terre, air et mer. Au-delà de la performance, le bateau a participé à plusieurs programmes scientifiques soutenus par SeaKeepers, contribuant notamment à la collecte de données océanographiques, de microplastiques et à des programmes de cartographie des fonds marins.
Ces exemples montrent à quel point les Class40 ne s’arrêtent jamais vraiment de vivre. Ils changent simplement de terrain de jeu, de mission, ou de continent. D’autres bateaux ont connu des reconversions plus marquées. Le n°43, après sa dernière Route du Rhum en 2018, a été transmis par son propriétaire Olivier Magré afin de devenir un bateau école, dans une logique de transmission et de formation. Une trajectoire proche de celle du n°84, récemment aperçu à Lisbonne dans un usage mêlant course et croisière.
Malgré ces trajectoires suivies, une réalité demeure : une grande partie de ces bateaux disparaît progressivement de notre radar une fois revendus ou exportés. Certains continuent de courir sans que l’on en ait connaissance, d’autres changent de nom, de pavillon, ou de programme, rendant leur suivi difficile.
C’est pourquoi cet article est aussi un appel.
Vous êtes ancien propriétaire, skipper, organisateur, journaliste ou passionné de la classe : si vous avez des nouvelles d’un ancien Class40, si vous en croisez un en régate ou dans un port, si vous connaissez son nouveau programme ou son nouveau nom, partagez-nous l’information en écrivant à class40@class40.com
Chaque bateau a une histoire. Et notre objectif est simple : continuer à la suivre, même après sa vie au sein de l’association Class40.
Louis Bregeon