Crossfit Atlantique Djemila Tassin

« Ça glisse fort ! » constate Ulysse Pozzoli, à bord de Renovatec Sailing Team. Une belle houle permet aux bateaux d'enchaîner les surfs, mais ces conditions toniques et sportives mettent les marins et leurs montures à rude épreuve. Les plantés se succèdent, les bateaux sont malmenés et les spis souffrent.

Gaëtan Thomas (Braco Brasil) en a fait les frais la nuit dernière. « Le spi a explosé, j'ai réussi à récupérer les bouts de tissu, radar arraché et chandelier plié… C'est un carnage ! Reprendre 160 m² de tissu qui pend dans la mer avec la vitesse du bateau, c'est deux heures de crossfit intense. Au moins, on fait du fitness ! »

Et il n'est pas le seul à trouver le temps long dans ces conditions. « Ça fait bientôt 36 heures qu'on bastonne sous spi, c'est dur ! », confie Sasha Lanièce. La skipper d'Aldéran en regretterait presque son canapé. Heureusement, un petit mot découvert à bord ce matin lui a redonné un peu de courage : « Tough times don't last, tough people do » — les moments difficiles ne durent pas, les personnes fortes, elles, tiennent bon.

Des avaries et des décisions difficiles

Dans cette mer formée, les conséquences peuvent être bien plus lourdes qu'un spi déchiré. Après le démâtage de Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location) au premier jour de course, Vincent Riou (Pierreval – Fondation GoodPlanet) a quant à lui subi une casse de son axe d'étai de J1 et fait désormais route vers La Corogne.

Même destination pour Fabien Delahaye (Legallais), sérieusement blessé à la cheville ce matin. Le skipper a dû se résoudre à abandonner, la mort dans l'âme : « Je n'arrive pas à poser le pied par terre. J'ai pris la décision de faire route vers La Corogne. Je suis dégoûté, mais c'est comme ça, pas le choix. Je ne trouve pas de solution raisonnable pour continuer. »

Garder le cap… et trouver le bon passage

Devant, la course se poursuit à un rythme soutenu. Luca Rosetti (Maccaferri Futura) apprécie cette allure, dans laquelle il se sent particulièrement à l'aise. Le skipper se montre satisfait de son début de course et de sa trajectoire, tout en sachant que la vigilance reste de mise.

Car au-delà des conditions du moment, les marins doivent déjà se projeter sur la suite. Les fichiers météo, qui guideront leurs prochaines décisions, ne dessinent pas encore un scénario parfaitement clair. Guillaume Pirouelle (Sogestran – Seafrigo), qui a opté pour une route médiane, peine à départager les différentes options : « Ça reste difficile de se faire une idée avec des fichiers incertains. Personne n'a la certitude exacte de la route à prendre. »

Sophie Faguet (Défi Solidaire avec Ellye et l'Arche) anticipe elle aussi une suite délicate : « La suite s'annonce compliquée avec 30 nœuds fichier. Il va falloir trouver le trou de souris pour pouvoir traverser ça ! » Pour l'instant, l'accalmie n'est donc pas au programme.

Un peu de réconfort dans la tourmente
Au milieu de cette tourmente atlantique, chacun cherche aussi de quoi se réconforter ... quand c'est possible : Kéni Piperol (Drépavoile) déplorait ce matin le vol plané de son lyophilisé au fond du bateau !
Après deux jours à peu manger, Jean-Baptiste Ternon a finalement trouvé de quoi reprendre quelques forces : « Je n'ai pas beaucoup mangé depuis deux jours. Du coup, ce matin, on se fait un petit fromage des Pyrénées. Et sur chaque pochette, il y a un petit mot de ma famille ! » Une attention qui prend sans doute une saveur toute particulière au milieu de l'Atlantique.

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