Bye bye Saint-Malo, rendez-vous à Pointe à Pitre !
AFP
Ils ne sont pas nombreux à dire comme Corentin Douguet (SNSM Faites un don !) « avoir bien profité de 7 heures de sommeil d’affilée dans un bon lit ». Sur les pontons, bizuths ou vieux routiers de la course au large, avouaient plutôt s’être réveillé avant la cloche. « Question de stress » pour Sasha Lanièce (Alderan), question « de bruit sur le sillon » pour David Sineau (Ekinox Réthorès), question d’enjeu aussi pour Fabien Delahaye (Legallais) : « C’est la fin d’un cycle de 4 ans avec comme objectif la Route du Rhum. On se met la pression parce qu’on ne veut pas passer à côté, que c’est LA grande course et qu’elle fait rêver tous les marins ».
Tous ont néanmoins conscience de la chance de partir dans des conditions inespérées à l’image de Loïc Féquet (Funae), qui revient cette année à la barre d’un Class40 ancienne génération, un « pointu » : « Quand en 2018, j’ai eu à gérer trois dépressions à la suite, c’était autrement plus difficile que de partir dans ces belles conditions. On devrait être assez vite aux Açores et même si on prend du vent là-bas, ce sera dans des températures plus douces, c’est vraiment agréable de se projeter dans ce schéma » disait le Malouin au moment d’enfiler sa salopette de ciré. « C’est une Route du Rhum assez originale où on fait du portant au début et du près à la fin, confirme Corentin Douguet. C’est le concept d’une course avec un départ à date fixe. Ce n’est pas un record ! »
Se projeter dans l’inconnu
Contrairement aux grands multicoques et même aux IMOCA, la particularité d’une transat en Class40 est de ne pas pouvoir scénariser l’intégralité de la course qui pourrait durer entre 12 et 14 jours. « Je ne pense pas à la fin mais à faire les choses bien tous les jours avec le moins d’erreur possible dit Pep Costa (VSF Sports). Ensuite, des routes vont s’ouvrir, il faudra être opportuniste mais je ne me projette pas trop. » Le scenario très incertain de la deuxième semaine après les Açores est-il plus inconfortable pour les favoris qui ont le plus à perdre ? « La difficulté c’est d’être dans les premiers qui montrent la voie et tombent dans les pièges. Mais je préfère quand même être dans cette situation que l’inverse » répond dans un clin d’oeil Guillaume Pirouelle sur Sogestran SeaFrigo, vainqueur de la Transat Café l’Or et homme à battre en 2026.
C’est un décor époustouflant, une aubaine à ce moment de l’année. Oubliés les départs avec un ciel bas, une mer agitée et des conditions virulentes. La météo a offert ce dimanche le plus beau des décors : un ciel bleu, un soleil au zénith et un vent médium de nord-est, de 8 à 11 nœuds. Des conditions idéales pour « entrer » dans la course, mais cela n’empêche pas les skippers de faire preuve d’une extrême concentration pour éviter les collisions et réussir leur départ.Les équipiers ont quitté les bateaux quatre minutes avant le départ.
À 13 h 02, les skippers, enfin seuls, ont franchi la ligne de 3,2 milles (5,9 km). Un départ sans anicroche hormis trois skippers pénalisés pour avoir coupé la ligne trop tôt. Il s’agit de Christophe Rateau (Gustave Roussy), Marco Guerra (Imagin’Act-Socomec) en Class40 et de David Ducosson (Trilogik) en Vintage Multi.
Pour les skippers, la première mission, c’est d’atteindre le cap Fréhel, point de passage obligatoire, situé à 16 milles de là (29 km).
Ordre de passage à Fréhel :
Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location)
Guillaume Pirouelle (Sogestran Seafrigo)
Mikael Mergui (Hirsch Centrakor)
Alexis Thomas (AfterData Elcia)
Guillaume L'Hostis (Alternative Sailing Constructions du Belon)