De l’Oslofjord à la Class40 : Un Pogo 40 pour apprendre, naviguer et voir jusqu’où l’aventure les mènera
Ils ont 29 et 25 ans, viennent de Norvège et d’Angleterre, naviguent ensemble depuis plusieurs années en J/70… et découvrent tout juste l’univers de la course au large. Simon Bailey et Anna Wilson viennent de rejoindre la Class40 avec un Pogo 40, acheté pour vivre à bord, apprendre et se lancer progressivement dans le double.
Après un premier projet familial qui l’avait conduit, à seulement 12 ans, de Norvège jusqu’en Australie, Simon rêvait depuis longtemps de renouer avec l’aventure océanique. Avec Anna, ils ont finalement choisi un Class40 pour franchir le pas. Leur programme est ambitieux : apprendre leur bateau en 2027, descendre vers les Caraïbes en 2028, participer au RORC Transatlantic et à la Caribbean 600, puis, pourquoi pas, pousser l’aventure jusqu’au cap Horn.
Pas de sponsor pour le moment, beaucoup de choses à apprendre et déjà quelques premières déconvenues techniques… mais surtout une immense envie de naviguer. Simon raconte leur projet, leurs ambitions et les raisons qui les ont conduits à choisir la Class40.
Je m’appelle Simon Bailey, j’ai 29 ans et je travaille comme ingénieur en Norvège. Je vis à Oslo avec ma compagne Anna Wilson, 25 ans, qui est anglaise et qui est de loin la meilleure barreuse de nous deux. Nous naviguons tous les deux depuis l’enfance, principalement en régate côtière. Ces dernières années, nous avons surtout navigué en J/70 avec notre équipe, Team Jumpstart, au départ du Royal Norwegian Yacht Club d’Oslo, sur le circuit norvégien mais aussi à l’international. Anna barre, je m’occupe de la tactique et des réglages, et nous avons deux équipiers fantastiques, Marcus et Henrik, qui nous accompagnent dans cette aventure. La course au large est toutefois un univers encore assez nouveau pour nous deux.
Quand j’avais 12 ans, ma famille de quatre personnes a navigué de la Norvège jusqu’en Australie pendant un an et demi, à bord d’un Lagoon 42 TPI. Depuis, je rêve de refaire quelque chose de similaire, mais mon amour pour la régate en monotypie, ainsi que le manque de temps, m’en ont empêché. Récemment, après avoir autant navigué ensemble avec Anna, nous avons décidé qu’il était temps d’acheter un bateau.
Pourquoi un Class40 ?
Nous voulions un bateau avec lequel nous pourrions réellement courir en double, capable de nous faire traverser un océan dans un certain confort, puisque nous avons l’intention de vivre à bord à plein temps en parallèle de nos courses, et que nous puissions nous permettre financièrement.
Nous avons étudié toutes sortes d’options, des anciens croiseurs-régate et bateaux IOR à quelques J Boats navigués en équipage complet. Mais lorsqu’on regarde la course au large sur YouTube, on finit forcément par arriver à la Class40. C’est là que se pratique la meilleure course au large en équipage réduit au monde, sur des bateaux que de vraies personnes peuvent posséder.
Nous avons beaucoup discuté de la possibilité de vivre à plein temps sur un Class40 et nous étions d’accord pour dire que ce n’était pas possible… jusqu’à ce que nous trouvions le Pogo 40. Avec son intérieur complet, même s’il reste très spartiate, il était parfait pour nous.
Un Pogo plus ancien était notre porte d’entrée dans la classe. Il ne gagnera pas la Route du Rhum, mais c’est un vrai Class40 et il va nous apprendre énormément de choses.
Ambitions et projets
Le bateau est actuellement en route vers le nord et passera l’hiver à Oslo, pendant que nous le préparerons pour une saison de course.
Nous avons déchiré la grand-voile pendant le convoyage, il faut donc en commander une nouvelle. Le moteur doit être révisé ou remplacé et l’électronique doit être entièrement remise à niveau.
La prochaine saison sera consacrée à la découverte du bateau et à l’accumulation de milles. Cela signifie le circuit nordique en double, des régates à handicap chaque semaine et, nous l’espérons, quelques-unes des grandes régates. Nous ne nous sentons pas encore prêts pour une course comme le Fastnet en double.
En 2028, nous mettrons le cap au sud et participerons à autant de courses que possible en descendant vers les Caraïbes. Puis viendra le RORC Transatlantic cet hiver là, suivi d’une saison complète dans les Caraïbes, avec la Caribbean 600 comme point d’orgue.
Nous verrons ensuite jusqu’où cette aventure nous mènera. Idéalement, à la fin de la saison, nous aimerions traverser le canal de Panama et naviguer jusqu’au Chili pour skier pendant l’intersaison, puisque nous sommes tous les deux des skieurs assez passionnés. Puis nous contournerons le cap Horn pour remonter vers les Caraïbes et y passer une deuxième saison de course, avant de ramener le bateau en Norvège et de reprendre notre vie normale.
Comment y parvenir : une étape après l’autre
Des milles, des erreurs et le fait de demander conseil à ceux qui en savent plus que nous.
Nous avons beaucoup à apprendre sur les ballasts, les pilotes automatiques et la navigation, et l’expérience de la classe est une grande partie de la raison pour laquelle nous l’avons rejointe.
Les inquiétudes ?
Il y en a beaucoup.
Le convoyage nous a déjà valu une panne moteur au large de l’Espagne et une grand-voile déchirée au large du Portugal. Le bateau a donc commencé à nous enseigner l’humilité et le coût des choses avant même que nous ayons pu le ramener chez nous.
L’Atlantique représente un grand pas par rapport à l’Oslofjord, et le cap Horn un pas encore plus important. L’argent est également une vraie préoccupation, puisque nous nous lançons pour l’instant dans cette aventure sans sponsor.
Mais surtout, nous avons hâte d’y être. Chaque fois que je regarde les photos, j’ai envie d’être à bord, de comprendre les systèmes, de mettre au point les procédures et de trouver les moyens de naviguer rapidement et en toute sécurité.
Simon
Eve Bougault